Through
the Foliage, Daphne
Installation
1831 Shop
London Gallery Weekend,
Depthford, Londres
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1831 Shop
London Gallery Weekend,
Depthford, Londres
2024, FR.
Vidéo
Son
Lumière
Sculpture
Costume
Son
Lumière
Sculpture
Costume
Installation vidéo et sonore au 1831 Shop, dans le cadre du London Gallery Weekend à Londres.


Dans ses Métamorphoses, Ovide raconte le mythe d'Apollon et Daphné, ou comment le dieu de l'amour s'est vengé du puissant Apollon qui s'était moqué de lui. Pour le punir de son orgueil, Cupidon décoche au dieu une flèche d'or qui le fait tomber éperdument amoureux de la nymphe Daphné. Celle-ci reçoit au contraire une flèche de plomb, qui lui inspire la plus grande répulsion envers Apollon. Refusant les avances de ce dernier, elle s'enfuit. Au moment où il la rattrape et croit la posséder, Daphné appelle à l'aide son père, le dieu-fleuve Pénée, qui la transforme en laurier. Apollon ému, décide de s’approprier le laurier et d’en faire un de ses attributs, daphné en grec :
"Puisque tu ne peux être ma femme, tu seras mon arbre. Mon carquois, ma cithare, ma tête te porteront, comme celle de tous les vainqueurs."
C'est ainsi que se termine le mythe d'Apollon et Daphné, selon Ovide.
Et ensuite ? Que s'est-il passé ?
Le mythe de Daphné :
une réécriture post-métamorphique
En s'appuyant sur le mythe d'Apollon et de Daphné, l'exposition explore de manière fictive les potentialités post-métamorphiques de Daphné : Quelles furent les conséquences de sa métamorphose ? Quels états intérieurs l'ont agités ? Quelles interactions et tensions sa présence a-t-elle suscité dans le temps ?
L'installation se présente comme une hypothèse sur l'évolution de Daphné à travers le temps, en explorant les diverses métamorphoses qu'elle aurait vécu dans un processus de passage et de transformation perpétuelle.E n suivant le cycle circadien, l'installation articule quatre scènes distinctes de cette transformation, chacune dévoilant un état intérieur ou une situation extérieure à Daphné :
L'aube lui offre un abri
Le jour la dépouille de son essence
Le crépuscule ravive les sensations éteintes,
La nuit lui insuffle une nouvelle semence
Chaque scène n'a pas de finalité mais présente un cycle perpétuel de passages et un continuum d'évolutions possibles. Ainsi, l'esprit végétal de Daphné, en perpétuelle recomposition, rend compte de la capacité intrinsèque de la nature à se renouveler et à évoluer. Son histoire est un hommage à la continuité et à l'évolution des forces naturelles, traversant les âges avec une vitalité incessante.
Through the Foliage, Daphne est une ode au mouvement et à la traversée des états transitionnels de l'être. Il interroge la notion d'entre-deux, cet espace liminal où se manifestent des des passages multiples. La mise en scène incorpore également des éléments fluides et organiques, tels que la vitalité du végétal et évoque le caractère perpétuel de la nature.


Une traversée fantasmagorique
Une ode au mouvement donc, qui se traduit également par l'utilisation de l'image dans ses possibilités de changement. Ainsi, il s'agit d'interroger la nature de l'image en tant que mythe, explorant ses représentations et dispositifs à travers de multiples vues : la vidéo, l'image projetée, les ombres en mouv
ement ou l'image imprimée. En jouant sur l'entre-deux, elle offre une expérience visuelle où les images sont à la fois présentées et partiellement voilées, créant ainsi des zones d'ambiguïté qui interrogent le visible et l'invisible, l'intérieur et l'extérieur, le naturel et l'artificiel. Cette dialectique entre visible et invisible, montrée et cachée, souligne l'ambivalence intrinsèque de l'image, à la fois illusion et réalité partielle. Telles une lentille révélatrice, l'installation se déploie comme une fantasmagorie contemporaine, évoquant les illusions optiques et les perceptions spectrales. En jouant sur la puissance de l'illusion, elle évoque une dimension presque magique où l'image suggère plus qu'elle ne révèle.

